Que faire en tant que psychologue si vous souhaitez aider dans cette crise de coronavirus (COVID-19) ?

Avec l’entrée en vigueur des mesures de prévention de la propagation du coronavirus (COVID-19), chacun cherche à aider à son niveau. Pour le psychologue, cela peut se faire en communiquant ou en changeant son comportement, mais également en apportant son soutien aux personnes touchées par l’anxiété et la quarantaine – tout en assurant évidemment la continuité des soins.

Par ailleurs, un certain nombre de psychologues nous indique leur intérêt de venir en aide à ceux directement touchés par le coronavirus, les malades bien sûr, leurs proches mais également les professionnels de la santé.

Vous désirez assurer un rôle d’aide et de soutien psychologiques mais vous ignorez comment le faire.

Ci-dessous nous vous détaillons quelques actions que vous pouvez entreprendre en tant que psychologue.

Contribuez à la propagation d’une information correcte et rassurante

Dans une période d’anxiété, nous savons que des "fake news" circulent. Les recherches en psychologie nous ont appris que lorsque les gens sont anxieux, ils font preuve d'un biais cognitif et sont plus susceptibles de prêter attention aux éléments qui les dérangent et de les amplifier. Vous pouvez contribuer à lutter contre ces "fake news". A cet égard, vous pouvez vous référer à des informations officielles et objectives fournies par le gouvernement : https://www.info-coronavirus.be/fr/.

Parlez-en aux enfants

Les mesures de confinement touchent également les enfants, plus particulièrement depuis la suspension des cours et des activités récréatives et sportives. Soutenez les parents afin qu’ils en parlent aux enfants en leur donnant des informations correctes et adaptées à leur âge. Les parents peuvent aider leurs enfants à faire face au stress et à l'anxiété en les laissant se concentrer sur la routine quotidienne. N'oubliez pas que les enfants considèrent leurs adultes proches comme des modèles quant à la manière de gérer cette situation. N’hésitez pas à le rappeler aux parents.

Avez-vous besoin d’aide pour en parler aux enfants ? Retrouvez des conseils sur le site de l’UNICEF.

Proposez votre temps et votre écoute pour les personnes touchées par le coronavirus, les malades, leurs proches, les professionnels de la santé ou les personnes isolées et confinées

Plusieurs actions ont été lancées au cours de ces derniers jours pour donner la possibilité aux psychologues intéressés de soutenir les personnes en difficulté dont, notamment, le personnel soignant qui est mis sous pression avec cette crise de coronavirus.

Désirez-vous participer à certaines de ces actions ? Nous trouvons nécessaire de vous partager certaines recommandations à prendre en compte :

  • Consultez par téléconsultation : retrouvez tous nos conseils pour assurer une bonne téléconsultation ici (sous réserve de ne pas être dans les conditions des consultations en présentiel, voir ici).
  • Jugez correctement la valeur de votre travail : Si vous vous inscrivez dans des actions de bénévolat, cela peut sembler évident en ces temps difficiles de donner un peu pour, par exemple, ceux qui donnent tant de leur temps et de leur investissement pour aider les autres, mais jugez correctement également la valeur de votre propre temps et de votre propre travail.
  • Indiquez votre plan d’action et fixez des accords clairs : Indiquez vos disponibilités, le nombre de téléconsultations par personne que vous pouvez assurer gratuitement, l’évolution éventuelle du suivi gratuit vers un suivi payant (si vous prévoyez d’offrir par exemple deux séances gratuitement et qu’après les suivantes sont payantes, vous devez le stipuler clairement dès le début. A défaut, vous manquerez de transparence et vous pourriez enfreindre les règles de déontologie.), la supervision de vos séances en cas de nécessité…
  • Respectez le code de déontologie et vos valeurs : malgré que les temps soient difficiles ou exceptionnels, n’oubliez pas les règles que vous devez respecter, même en tant que bénévole. Particulièrement, réfléchissez bien à assurer la continuité des soins. Par exemple, si un patient/client pris en charge de manière bénévole et dont vous assurez le suivi ensuite de manière payante comme prévu lors de vos accords initiaux désire continuer la thérapie après la crise du coronavirus, serez-vous capable de le recevoir et de continuer la thérapie ? Avez-vous prévu la possibilité d’ajouter ces nouveaux patients/clients à votre patientèle existante ? Avez-vous prévu des solutions pour assurer une aide si vous vous retrouvez avec trop de clients/patients ? Ce sont quelques-unes des questions auxquelles vous devez répondre avant de vous lancer dans ce type d’action.
  • Évitez de tomber dans d’autres travers, notamment le démarchage et la publicité. En tant que psychologue, proposer votre aide et votre soutien est très honorable. Ne perdez toutefois pas de vue votre rôle et n’oubliez pas que ce n’est pas l’occasion de faire de la publicité ou du démarchage de patients/clients potentiels, ce qui est contraire – même de bonne foi – aux règles déontologiques (l’article 39 du Code de déontologie applicable à tous les psychologues ; et, de plus, l’article 64 de la loi du 30 octobre 2018 applicable spécifiquement aux psychologues cliniciens.)
  • Renseignez-vous enfin auprès de vos associations professionnelles afin d’être davantage éclairés sur vos possibilités d’action et dans quel cadre.

D’autres recommandations ?

Les autres recommandations sont toujours d’application et sont consultables ici.


 
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